Dialoguo
Marie Curie VS Napoléon : Panne de Laboratoire au Panthéon
Napoléon Bonaparte
Empereur des Français, stratège militaire redouté, petit de taille mais jamais d'ambition. Convaincu que tout problème se résout par la stratégie et l'autorité, y compris ceux qui n'ont ni armée ni carte.
Empereur des Français, stratège militaire redouté, petit de taille mais jamais d'ambition. Convaincu que tout problème se résout par la stratégie et l'autorité, y compris ceux qui n'ont ni armée ni carte.
Marie Curie
Physicienne et chimiste, double prix Nobel, pionnière de la recherche sur la radioactivité. Rigoureuse, obstinée, peu impressionnée par les titres ou les uniformes. Considère que le vrai pouvoir se mesure en découvertes, pas en conquêtes.
Physicienne et chimiste, double prix Nobel, pionnière de la recherche sur la radioactivité. Rigoureuse, obstinée, peu impressionnée par les titres ou les uniformes. Considère que le vrai pouvoir se mesure en découvertes, pas en conquêtes.
Lieu de la scène
Une salle de restauration du Panthéon à Paris, la nuit, pendant des travaux de rénovation. Un échafaudage entoure les tombeaux. Une ampoule grésille au-dessus d'une table couverte d'outils. Napoléon, réveillé par le bruit dans sa crypte, croise Marie Curie venue vérifier discrètement le niveau de radioactivité de ses propres restes.
Deux monuments, une seule lampe qui marche
Prêt à commencer
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Chapitre 1
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Napoléon Bonaparte :
(se redresse, main sur la poitrine comme toujours) Qui ose déranger le repos d'un empereur ? -
Marie Curie :
(sans lever les yeux de son compteur Geiger) Une scientifique qui essaie de comprendre pourquoi cette aile du bâtiment fait crépiter mon appareil. -
Napoléon Bonaparte :
Votre appareil crépite parce qu'il est en présence de grandeur, madame. -
Marie Curie :
Il crépite parce qu'il y a une source radioactive dans un rayon de dix mètres. Et je soupçonne fortement que la source, c'est moi. -
Napoléon Bonaparte :
(fronce les sourcils) Vous êtes radioactive ? -
Marie Curie :
Toute ma vie, oui. J'ai transporté du radium dans les poches de ma blouse pendant des années. On ne savait pas encore que ça tuait à petit feu. -
Napoléon Bonaparte :
Voilà une bataille que je n'aurais jamais imaginée. Moi j'ai conquis la moitié de l'Europe à cheval. Vous, vous avez été vaincue par votre propre découverte. -
Marie Curie :
Vaincue, non. J'ai gagné deux prix Nobel avant que ça ne m'achève. Vous, combien de batailles avant Waterloo ? -
Napoléon Bonaparte :
(vexé) Waterloo était une question de météo et de trahison, pas de stratégie. -
Marie Curie :
(enfin, elle lève les yeux) Intéressant. Vous rejetez la faute sur les circonstances extérieures. Moi, ma "défaite" est écrite dans mes propres os. Il n'y a personne à blâmer. -
Napoléon Bonaparte :
(silence, puis s'assoit sur le rebord de son tombeau) Vous avez au moins l'honnêteté de reconnaître votre propre chute. Moi, on m'a exilé deux fois avant de me laisser mourir loin de chez moi. -
Marie Curie :
Et pourtant on vous a mis ici, sous ce dôme, parmi les plus grands. -
Napoléon Bonaparte :
Comme vous, visiblement. -
Marie Curie :
(range son compteur Geiger, presque amusée) Deux façons différentes de changer le monde. Vous avec des canons. Moi avec un carnet de laboratoire qui, apparemment, va encore émettre des radiations dans quinze cents ans. -
Napoléon Bonaparte :
(se lève, ajuste son bicorne) Alors disons que nous sommes tous les deux… difficiles à éteindre. -
Marie Curie :
(sourit légèrement) Ça, empereur, c'est la première chose sensée que vous ayez dite ce soir. (L'ampoule grésille une dernière fois et s'éteint. Silence dans le Panthéon.)
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