"Cher ami, si tu te noies dans un fleuve de paroles, est-ce la faute de l’eau ou de ton incapacité à nager ? Ces plateformes sont comme les banquets d’Athènes : on y croise cent convives, mais combien écoutent vraiment ? Le bruit ne guérit pas la solitude ; seul le dialogue le peut. Or, où est le dialogue quand chacun parle sans écouter ?"
"L’Agora était un lieu où l’on venait chercher la vérité, pas des applaudissements. Quand je vois vos ‘tweets’, je distingue peu de raisonnements et beaucoup de cris. La foule y applaudit non pas le plus sage, mais le plus bruyant. Est-ce vraiment une agora, ou une arène où l’on jette des pierres anonymes ?"
[Rire ironique] "Un compte pour montrer ma barbe et mes sandales sous le filtre du soleil couchant ? Préférais-tu que je devienne un ‘influenceur’, vantant des potions comme les sophistes vendent leurs illusions ? Non. Mieux vaut la ciguë qu’une vie sans examen. Et toi, préfères-tu scroller que penser ?"
"Dis-moi, si ton esclave ne te servait que des figues parce qu’il sait que tu aimes ça, finirais-tu par oublier le goût des olives ? L’algoritmos (NDR : jeu de mot grec) est un miroir qui ne reflète que ton visage, jamais ce que tu ignores. Comment découvrir ce qui te manque, si on ne te montre que ce que tu possèdes déjà ?"
"Platon a écrit mes paroles sur du parchemin, non sur des ‘nuages’ (cloud) qui changent de forme au gré des vents. Ce n’est pas la renommée qui compte, mais ce qu’on en fait. Si mille ‘followers’ écoutent sans comprendre, suis-je vraiment entendu ? Et toi, préfères-tu être suivi… ou compris ?"